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Source : Coalition mondiale
Article par Death Penalty Focus, Collectif français "Libérons Mumia !" publié le 23/02/2015

Le nouveau gouverneur de Pennsylvanie, Tom Wolf, a imposé un moratoire sur les exécutions le 13 février jusqu’à ce que toutes les préoccupations quant à l’équité du système lié à la peine de mort de l’État soient levées.

L’action du gouverneur fait partie d’une tendance croissante pour l’abolition de la peine de mort. La Pennsylvanie est le quatrième État à imposer un moratoire sur la peine de mort en quatre ans, en plus des six États qui ont aboli cette peine depuis 2007.

Justifiant sa décision dans un memorandum rendu public, Tom Wolf rappelle qu’il s’agit d’une promesse de sa campagne électorale et déclare que  « si la Pennsylvanie maintient la peine de mort dans sa législation, l’étape irrévocable de l’exécution d’un être humain doit être garantie par une justice infaillible. » 

Les accusés ne devraient plus être « condamnés à mort parce qu’ils sont pauvres ou  sont issus d’une minorité raciale et que la victime est blanche ». De plus, précise-t-il, « le système judiciaire est entaché d’irrégularités  générant des erreurs et un cycle sans fin de procédures judiciaires tout en étant inefficace, injuste et couteux ».

Nick Yarris, innocenté par des preuves ADN après avoir purgé 21 années dans les couloirs de la mort en Pennsylvanie, a déclaré : « Je pense que gouverneur Wolf se rend compte que quand vous avez plus de prisonniers innocentés que de prisonniers exécutés en 30 ans, le système judiciaire dont vous avez hérité est défaillant. »

Parallèle avec la Californie

Selon le Rapport de fin d’année du Death Penalty Information Center pour 2014, les États-Unis ont connu le nombre de condamnations à mort le plus faible depuis 40 ans et le plus petit nombre d’exécutions en 20 ans. Bien que la Californie abrite toujours le plus grand couloir de la mort dans le pays, un sondage de l’année dernière a permis de constater que le soutien à la peine de mort y chutait rapidement, à son point le plus bas en un demi-siècle.

« J’applaudis la décision du gouverneur Wolf de rejoindre le nombre croissant d’États qui mettent un terme à ce système coûteux et défaillant », a déclaré Matt Cherry, directeur exécutif de Death Penalty Focus, une organisation californienne membre de la Coalition mondiale. « Il faut se rendre à l’évidence : il est temps pour la Californie d’en faire autant et d’abolir officiellement la peine de mort. »

Les ressemblances entre le système de la peine de mort en Pennsylvanie et en Californie sont indéniables. La Pennsylvanie a dépensé plus de 350 millions de dollars pour la peine de mort sur une période pendant laquelle trois personnes ont été exécutées et abrite actuellement le cinquième  couloir de la mort du pays. De même, la Californie pourrait économiser 130 millions de dollars par an avec l’abolition de la peine de mort, qui n’est plus appliquée depuis 2006. La Californie détient le plus grand couloir de la mort du pays.


Un procureur conteste le moratoire


Seth Williams, procureur de Philadelphie, a cependant déposé le 18 février un recours contre le moratoire mis en place par le gouverneur Tom Wolf. Le procureur conteste la légalité et la constitutionnalité de cette décision. 

Le Collectif français « Libérons Mumia ! », également membre de la Coalition mondiale, rappelle que Seth Williams « a de la suite dans les idées et dans les actes lorsqu’il s’agit de la peine capitale dont il est un ardent défenseur ». Il s’est notamment opposé pendant des années à la levée de la condamnation à mort du journaliste et militant noir Mumia Abu-Jamal, aujourd’hui sorti du couloir de la mort mais reste en prison.

En remettant en cause le moratoire en Pennsylvanie, Seth Williams demande également l’exécution de Terrance Williams, qui devait être mis à mort le 4 mars prochain. Ce serait la première exécution dans cet État depuis 1999.

 


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