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Les exécutions secrètes ne sauraient masquer le fait que le Japon se place du mauvais côté de l'histoire lorsqu'il s'agit de la peine de mort, a déclaré Amnistie internationale en apprenant qu'un condamné à mort a été pendu le 11 novembre.

Kenichi Tajiri, 45 ans, a été exécuté au centre de détention de Fukuoka vendredi 11 novembre à l'aube. Il avait été condamné à la peine capitale en 2012 pour deux meurtres commis en 2004 et 2011.

« La peine de mort ne rend jamais justice, c'est un acte cruel et inhumain. Le gouvernement japonais ne peut masquer le fait qu'il se place du mauvais côté de l'histoire, alors que la majorité des États du globe se détournent de ce châtiment. »

Cette pendaison, la troisième au Japon depuis le début de l'année 2016, porte à 17 le nombre total d'exécutions sous le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe.

Elle intervient un mois après que la Fédération des Barreaux japonais a formellement adopté une politique réclamant l'abolition de la peine de mort. La Fédération a notamment mis en avant le risque d'erreurs dans les condamnations et l'absence de preuves quant à l'effet dissuasif de la peine de mort sur la criminalité.

« Au lieu de signer d'autres mandats d’exécution, le ministre de la Justice Katsutoshi Kaneda devrait prêter l'oreille aux nombreuses voix s'opposant à la peine capitale, comme les Nations unies et ces avocats respectés, et œuvrer à mettre fin à son application au Japon », a déclaré Hiroka Shoji.

Complément d’information

Au Japon, les exécutions sont entourées de secret, les prisonniers n'étant le plus souvent informés de cette échéance que quelques heures auparavant ; il arrive également qu'ils ne soient pas prévenus du tout. Leurs familles, leurs avocats et la population sont généralement informés de l'exécution après qu'elle a eu lieu.

Les exécutions secrètes bafouent les normes internationales relatives au recours à la peine de mort. Ce point et l'absence de garanties juridiques adéquates pour les condamnés à mort au Japon a été critiqué par de nombreux experts des Nations unies – notamment la privation du droit des accusés à une aide juridique digne de ce nom, et l’absence d’une procédure d’appel obligatoire dans les affaires où les accusés encourent la peine de mort. Il est par ailleurs établi que plusieurs prisonniers atteints de déficiences mentales et intellectuelles ont été exécutés ou se trouvent dans le quartier des condamnés à mort.

Amnistie internationale s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances et sans aucune exception, indépendamment de la nature et des circonstances de l'infraction commise, de la situation du condamné, de sa culpabilité ou de son innocence, ou encore de la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. La peine capitale bafoue le droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.

 
 
Les procès de plusieurs membres de la secte Aum Shinrikyo au Japon se sont conclus et treize membres de cette secte risquent par conséquent d'être exécutés. Les 13 hommes ont été déclarés coupables et condamnés à mort pour avoir mené un attentat meurtrier au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995 et pour avoir participé à d'autres activités illégales. Ils risquent d'être exécutés à tout moment.

Le 7 septembre, la Haute Cour de Tokyo a confirmé la condamnation et la peine de prison illimitée du dernier homme poursuivi pour l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo perpétré en 1995. Cet attentat a fait 13 morts et plus de 6 000 blessés. La clôture de la dernière affaire liée à cet événement implique que les 13 membres de la secte Aum Shinrikyo qui ont été déclarés coupables et condamnés à mort dans le cadre de procès ayant eu lieu entre 2006 et 2011 pour leurs rôles dans l'organisation et la mise en oeuvre de l'attaque au gaz risquent maintenant d'être exécutés.

Un nouveau ministre de la Justice, Katsutoshi Kaneda, a été nommé le 3 août 2016 au Japon. Depuis qu'il a pris ses fonctions, il a déclaré à plusieurs reprises qu'il était favorable à la peine de mort et que l'abolition de ce châtiment ne serait pas appropriée au vu de l'opinion publique. Au Japon, les exécutions se font par pendaison et se déroulent généralement dans le plus grand secret. Dans la plupart des cas, les prisonniers ne sont informés de leur mise à mort que quelques heures auparavant ; il arrive également qu'ils ne soient pas prévenus du tout. Cela implique que les condamnés qui ont épuisé toutes les voies de recours savent pendant toute la durée de leur détention dans le quartier des condamnés à mort qu’ils peuvent être exécutés à tout moment. En général, les familles ne sont averties qu’après l’exécution.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en japonais, en anglais ou dans votre propre langue) :
- appelez les autorités à ne pas exécuter les 13 membres de la secte Aum Shinrikyo ni aucun autre détenu et à commuer toutes les peines de mort ;
- expliquez que vous ne cherchez aucunement à excuser le crime violent dont il est question dans cette affaire, ni à minimiser les souffrances qu’il a causées ;
- engagez les autorités à instaurer un moratoire sur les exécutions en vue d’abolir la peine de mort et d'encourager un débat national informé sur le recours à ce châtiment ;
- exhortez-les à mettre fin au secret qui entoure le recours à la peine de mort au Japon et à prévenir les détenus, leur famille et leurs avocats ainsi que le public de toute exécution prévue.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 31 OCTOBRE 2016 À :

Ministre de la Justice

Katsutoshi Kaneda
1-1-1 Kasumigaseki
Chiyoda-ku
Tokyo, Japon 100-8977
Ministry of Justice
Télécopieur : +81 3 3592 7008 / +81 3 3592 7393
Courriel : (via le site) https://www.kantei.go.jp/foreign/forms/comment_ssl.html
Twitter : @MOJ_HOUMU
Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,

Premier ministre
Shinzo Abe
1-6-1 Nagata-cho
Chiyoda-ku
Tokyo, Japon 100-8968
Télécopieur : +81 3 3581 3883
Courriel : (via le site) https://www.kantei.go.jp/foreign/forms/comment_ssl.html
Twitter : @abeshinzo
Formule d’appel : Dear Prime Minister, / Monsieur le Premier ministre,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Japon dans votre pays. Insérez les adresses ci-dessous :

Ambassadeur du Japon 
Kenjiro Monji
Ambassade du Japon
255, promenade Sussex
Ottawa, Ontario
K1N 9E6, Canada
Télécopieur : (613) 241-2232
Courriel : infocul@ot.mofa.go.jp

Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.


COMPLÉMENT D’INFORMATION

Treize membres de la secte Aum Shinrikyo ont été condamnés pour leurs rôles respectifs dans l'organisation et la mise en oeuvre l'attaque au gaz : Seiichi Endo, Satoru Hashimoto, Kiyohide Hayakawa, Yasuo Hayashi, Kenichi Hirose, Yoshihiro Inoue, Chizuo Matsumoto (également connu sous le nom de Shoko Asahara), Kazuaki Miyamae, Tomomasa Nakagawa, Tomomitsu Niimi, Toru Toyota, Masami Tsuchiya et Masato Yokoyama. Ils étaient notamment poursuivis pour meurtre, enlèvement et expérimentation d'armes chimiques et biologiques. La condamnation à mort de Seiichi Endowas, le dernier des 13 hommes poursuivis, a été confirmée le 21 novembre 2011.

Trois autres membres de la secte Aum Shinrikyo, également soupçonnés d'avoir participé à l'attentat au gaz sarin, ont par la suite été arrêtés et inculpés, ce qui a entraîné la suspension temporaire de l'exécution des 13 hommes. Au titre de l’article 475 du Code de procédure pénale, aucune exécution ne peut avoir lieu au Japon tant que tous les coaccusés n’ont pas fait l’objet d’une décision de justice définitive. La confirmation de la déclaration de culpabilité et de la condamnation du dernier homme poursuivi dans le cadre de cette affaire par la Haute Cour de Tokyo en 2016 a ouvert la voie à l'exécution des 13 hommes, car les témoins ne seraient pas amenés à participer à la procédure en cas de nouveau recours en justice sur les affaires les plus récentes.

En 2015, les autorités japonaises ont exécuté trois personnes et ont prononcé quatre nouvelles condamnations à mort. À la fin de l'année, 143 personnes étaient sous le coup d'une condamnation à mort. Parmi ces personnes, 126 avaient vu leur condamnation confirmée et risquaient toujours d'être exécutées. Deux autres exécutions ont eu lieu le 25 mars 2016.

Les exécutions secrètes bafouent le droit international et les normes internationales relatives au recours à la peine de mort. Ce point et l'absence de garanties juridiques adéquates pour les condamnés à mort au Japon ont été critiqués par de nombreux experts des Nations unies qui ont notamment dénoncé la privation du droit des accusés à une aide juridique digne de ce nom, et l’absence d’une procédure d’appel obligatoire dans les affaires où les accusés encourent la peine de mort. Il est par ailleurs établi que plusieurs prisonniers atteints de déficiences mentales et intellectuelles ont été exécutés ou se trouvent dans le quartier des condamnés à mort.

À ce jour, 140 pays ont aboli la peine capitale en droit ou dans la pratique. En 2015, quatre nouveaux pays, la République du Congo, la République des Îles Fidji, Madagascar et le Suriname, ont aboli la peine de mort pour toutes les infractions, et le Parlement de Mongolie a adopté un nouveau Code pénal qui entrera en vigueur en juillet 2017 et qui abolit ce châtiment. Amnistie internationale s’oppose à la peine de mort, qui constitue le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit, ainsi qu’une violation du droit à la vie tel qu’il est reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH). Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, indépendamment de la nature et des circonstances du crime commis, de la situation du condamné, de sa culpabilité ou de son innocence, ou encore de la méthode utilisée pour procéder à l’exécution.

Noms : Seiichi Endo, Satoru Hashimoto, Kiyohide Hayakawa, Yasuo Hayashi, Kenichi Hirose, Yoshihiro Inoue, Chizuo Matsumoto, Kazuaki Miyamae, Tomomasa Nakagawa, Tomomitsu Niimi, Toru Toyota, Masami Tsuchiya, Masato Yokoyama.
 
 
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Avec l’exécution de deux personnes vendredi 25 mars, le Japon continue de se placer du mauvais côté de l’histoire, a déclaré Amnistie internationale.

Yasutoshi Kamata, 75 ans, a été pendu au centre de détention d’Osaka dans la matinée du vendredi 25 mars. Junko Yoshida, 56 ans, a été pendue aux premières heures le même jour au centre de détention de Fukuoka, dans le sud du Japon. Junko Yoshida est la première femme exécutée au Japon depuis 2012.

« Ces exécutions témoignent du manque de leadership du Premier ministre Shinzo Abe, a déclaré Hiroka Shoji, spécialiste de l’Asie de l’Est à Amnistie internationale.

« Le Japon aurait dû depuis longtemps abolir ce châtiment cruel et inhumain. »
Ces pendaisons sont les premières au Japon depuis le début de l’année 2016, et portent à 16 le nombre total d’exécutions sous le gouvernement actuel du Premier ministre Shinzo Abe.


Junko Yoshida a été condamnée à mort en 2010 pour un double meurtre, en 1998 et 1999. La sentence capitale prononcée contre Yasutoshi Kamata a été confirmée en 2005, après qu’il a été reconnu coupable du meurtre de cinq personnes entre 1985 et 1994.

Le Japon fait partie de la petite minorité, décroissante, de pays du globe qui continuent d’exécuter des condamnés. À ce jour, 102 pays – soit plus de la moitié des pays du globe – ont totalement aboli ce châtiment, et 140 au total sont abolitionnistes en droit ou en pratique.

Le gouvernement japonais maintient que l’opinion publique est favorable à l’usage de la peine capitale, et que ce châtiment a un effet dissuasif sur les crimes graves.

« En raison de la volonté des autorités de maintenir les exécutions, le Japon est déphasé par rapport à la majorité des pays du globe, car un nombre croissant de pays renoncent à ce châtiment cruel, a déclaré Hiroka Shoji.

« Il n’a jamais été prouvé que la peine de mort ait un effet plus dissuasif sur les crimes violents que les peines d’emprisonnement. »

Amnistie internationale demande au Japon d’instaurer immédiatement un moratoire sur les exécutions, à titre de première étape vers l’abolition de la peine de mort.

Complément d’information

Au Japon, les exécutions sont entourées de secret, les prisonniers n’étant le plus souvent informés de cette échéance que quelques heures auparavant ; il arrive également qu’ils ne soient pas prévenus du tout. Leurs familles, leurs avocats et la population sont généralement informés de l’exécution après qu’elle a eu lieu.

Les exécutions secrètes bafouent les normes internationales relatives au recours à la peine de mort. Ce point et l’absence de garanties juridiques adéquates pour les condamnés à mort au Japon a été critiqué par de nombreux experts des Nations unies – notamment la privation du droit des accusés à une aide juridique digne de ce nom, et l’absence d’une procédure d’appel obligatoire dans les affaires où ils encourent la peine de mort. Il est par ailleurs établi que plusieurs prisonniers atteints de déficiences mentales et intellectuelles ont été exécutés ou se trouvent dans le quartier des condamnés à mort.

Amnistie internationale s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances et sans aucune exception, indépendamment de la nature et des circonstances de l’infraction commise, de la situation du condamné, de sa culpabilité ou de son innocence, ou encore de la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. La peine capitale bafoue le droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.

 
 
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Le recours répréhensible des autorités japonaises à la peine de mort ne fléchit pas, comme le montrent deux nouvelles exécutions ayant eu lieu vendredi 18 décembre, ce qui porte leur nombre total à 14 depuis l’investiture du gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe, a déclaré Amnistie internationale.

Sumitoshi Tsuda, 63 ans, a été pendu très tôt le matin du 18 décembre au centre de détention de Tokyo ; il s’agit de la première exécution d’une personne condamnée à la peine capitale dans le cadre du système faisant appel à des juges non professionnels. Il a été déclaré coupable en 2011 d’avoir tué trois de ses voisins. Kazuyuki Wakabayashi, 39 ans, a été exécuté au centre de détention de Sendai, dans le nord-est du pays. Il a été condamné à mort en 2007 pour un vol avec violences ayant coûté la vie à deux personnes.

« Les autorités japonaises doivent cesser de recourir avec autant d’empressement à la peine capitale, avant que de nouvelles mises à mort n’aient lieu. La peine de mort, ce n’est pas la justice, ni un moyen de lutter contre le crime ; c’est un châtiment cruel qui est contraire au respect de la vie », a déclaré Roseann Rife, directrice des recherches sur l’Asie de l’Est à Amnistie internationale.

« Le Japon doit immédiatement instaurer un moratoire officiel sur les exécutions, à titre de première étape vers l'abolition de la peine de mort. » 

Le Japon est du mauvais côté de l’histoire sur le terrain de la peine de mort, et les pays qui continuent à exécuter des condamnés sont une petite minorité dans le monde. Au mois de novembre 2015, 140 pays avaient aboli ce châtiment en droit ou en pratique, et en 2014, seulement 22 ont procédé à des exécutions.

Le Parlement de Mongolie a adopté début décembre une loi qui abolira la peine de mort dans le pays lorsqu’elle entrera en vigueur en septembre 2016.

« Si les politiciens japonais ne montrent pas l’exemple, comme le président Elbegdorj l’a fait en Mongolie, le Japon restera en retard sur son époque », a déclaré Roseann Rife.

« En recourant de manière persistante à la peine de mort, le Japon se distingue pour toutes les mauvaises raisons - dans le monde, mais aussi de plus en plus en Asie de l’Est. »

Complément d'information

Au Japon, les exécutions sont entourées de secret, les prisonniers n'étant le plus souvent informés de cette échéance que quelques heures auparavant ; il arrive également qu'ils ne soient pas prévenus du tout. En général, les familles et les avocats ne sont avertis qu’après l’exécution.

Le manque de garanties juridiques adéquates pour les condamnés à mort au Japon a été critiqué par de nombreux experts des Nations unies.

Il prend notamment la forme d’une privation du droit des accusés à une aide juridique digne de ce nom, et de l’absence d’une procédure d’appel obligatoire dans les affaires où les accusés encourent la peine de mort. Il est par ailleurs établi que plusieurs prisonniers atteints de déficiences mentales et intellectuelles ont été exécutés ou se trouvent dans le quartier des condamnés à mort.

Amnistie internationale s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances et sans aucune exception, indépendamment de la nature et des circonstances de l'infraction commise, de la situation du condamné, de sa culpabilité ou de son innocence, ou encore de la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. La peine capitale bafoue le droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.

 
 
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La mort en prison d'un Japonais qui a passé plus de 46 ans à attendre son exécution, après avoir été condamné sur la base d'« aveux » forcés, souligne la nécessité de réexaminer tous les cas similaires, a déclaré Amnistie internationale dimanche 4 octobre.

Okunishi Masaru est décédé à la prison médicale de Hachioji dimanche 4 octobre, à l'âge de 89 ans. Il n'a cessé de clamer son innocence et était résolu à solliciter un nouveau procès. Ses huit précédents recours pour un nouveau procès avaient été rejetés. Il a été transféré à la prison médicale du centre de détention de Nagoya en 2012, lorsque son état de santé s'est détérioré.

« Okunishi Masaru ne sera pas conduit au gibet, mais la justice japonaise a failli à ses obligations envers cet homme. Il est scandaleux qu'il se soit vu refuser le nouveau procès que son affaire méritait incontestablement, et qu'on l'ait laissé pendant 46 ans dans le quartier des condamnés à mort, a déclaré Hiroka Shoji, spécialiste de l'Asie de l'Est à Amnistie internationale. 

« Il est trop tard pour Okunishi Masaru, mais d'autres dans le quartier des condamnés à mort ont été déclarés coupables sur la base d'"aveux" obtenus sous la contrainte. Les autorités japonaises doivent de toute urgence réexaminer leurs dossiers afin de garantir qu'ils puissent obtenir justice à temps. »

Okunishi Masaru se trouvait dans le quartier des condamnés à mort depuis 1969, après avoir été reconnu coupable des meurtres de cinq femmes. Il a « avoué » ses crimes après avoir été interrogé par la police plusieurs heures d’affilée pendant cinq jours, en l'absence d'un avocat. 

Lors de son procès en première instance, il est revenu sur ses « aveux ». Il a été acquitté en raison du manque de preuves. Toutefois, une juridiction supérieure a annulé le jugement et l’a condamné à mort. 

Pendant plus de 40 ans, il a vécu dans la peur constante que chaque jour pourrait être son dernier. Au Japon, les condamnés à mort sont le plus souvent informés de cette échéance quelques heures auparavant seulement. L'exécution se déroule en secret. Comme la plupart des condamnés à mort, il a passé la majeure partie de sa détention à l'isolement.

Iwao Hakamada 

L'un des cas qui exige un nouveau procès de toute urgence est celui d'Iwao Hakamada, 79 ans, qui a également passé plus de 40 ans dans le couloir de la mort. En mars 2014, un tribunal a ordonné sa remise en liberté immédiate et la tenue d'un nouveau procès. Cependant, le ministère public a immédiatement fait appel de la décision de la cour de lui accorder un nouveau procès et une décision est en attente. 

« Il faut autoriser Iwao Hakamada à être rejugé, avant qu'il ne soit trop tard. En retardant encore sa quête de justice, les procureurs ne font qu'ajouter aux décennies de torture psychologique endurées par Iwao Hakamada et sa famille », a déclaré Hiroka Shoji. 

Au terme d’un procès inique, il a été condamné pour le meurtre de son supérieur, de l’épouse de celui-ci et de leurs deux enfants. Iwao Hakamada a « avoué » après 20 jours d’interrogatoire par la police. Il est ensuite revenu sur ses « aveux » pendant son procès et a déclaré avoir été frappé et menacé par la police. 

Selon ses avocats, les résultats d'examens médicolégaux récents ne montrent aucune correspondance entre l'ADN d'Iwao Hakamada et les échantillons prélevés sur des vêtements qui, selon l'accusation, appartiennent au meurtrier. L'un des trois juges qui l'a condamné en 1966 a déclaré publiquement être convaincu de son innocence. 

En raison des décennies passées à l'isolement, Iwao Hakamada souffre de troubles mentaux. 

Torturés pour faire des « aveux »

Au Japon, le système judiciaire s’appuie encore largement sur des « aveux » obtenus sous la torture ou les mauvais traitements. Il n'existe aucune limite claire concernant la durée des interrogatoires, qui ne sont pas entièrement enregistrés et auxquels les avocats ne sont pas autorisés à assister. 

Depuis l'entrée en fonction du Premier ministre Shinzo Abe en décembre 2012, 12 personnes ont été exécutées. Le nombre de condamnés à mort – 128 – compte parmi les plus élevés au Japon depuis les 50 dernières années. Amnistie internationale demande au gouvernement japonais d'instaurer un moratoire sur les exécutions, première étape vers l’abolition totale de la peine capitale, et de réformer le système judiciaire conformément aux normes internationales. 

Amnistie internationale s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, sans exception, quelles que soient la nature ou les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation du condamné, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. La peine capitale bafoue le droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.

 
 
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Les autorités japonaises tentent de se soustraire à l’examen public, en procédant à leur première exécution depuis le début de l’année alors que l’attention du pays est focalisée sur d’autres sujets, a déclaré Amnistie internationale jeudi 25 juin 2015.

Tsukasa Kanda, 44 ans, a été pendu le 25 juin à l’aube, au centre de détention de Nagoya. Il a été déclaré coupable en 2009 de vol qualifié et d’homicide.

Son exécution a eu lieu alors que le projet controversé du gouvernement de renforcer le rôle de l’armée japonaise retient toute l’attention des médias et du monde politique.

« Alors que le pays regarde ailleurs, les autorités japonaises ont décidé qu’il était opportun d’un point de vue politique de reprendre les exécutions. Ôter la vie à un homme dans ces circonstances, c’est de la politique de caniveau, a déclaré Hiroka Shoji, chercheuse sur l’Asie de l’Est à Amnistie internationale.

« Le gouvernement préfère éluder un débat franc et ouvert sur le recours à la peine de mort, les arguments qu’il avance ne résistant pas à un examen poussé. »

Le gouvernement japonais maintient que la peine de mort a « un effet dissuasif général », alors qu’il a reconnu que les preuves « scientifiques » venant étayer cette affirmation manquent.

Aucun élément crédible ne prouve en effet que la menace d’exécution a un effet plus dissuasif sur la criminalité qu’une peine de prison. De multiples études menées par l’ONU et dans de nombreuses régions du monde le confirment.

« En procédant à cette exécution, le gouvernement japonais dupe la population. L’homicide cautionné par l’État n’est pas la solution pour combattre le crime, il constitue la violation ultime des droits fondamentaux », a déclaré Hiroka Shoji.

Le Japon compte parmi les 22 pays qui ont procédé à des exécutions en 2014, alors qu’ils étaient 41 il y a 20 ans. Aujourd’hui, 140 États ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Le Japon et les États-Unis sont les derniers membres du G8 à procéder à des exécutions. Même aux États-Unis, on constate des signes d’une baisse du recours à la peine capitale.

« Le Japon est isolé et en décalage par rapport à la vaste majorité des pays qui ont abandonné ce châtiment, le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit, a déclaré Hiroka Shoji.

« Le gouvernement a le choix entre poursuivre sur le chemin de la régression, ou mettre fin aux exécutions et montrer qu’il privilégie les droits humains. »

Cette exécution est la 12e depuis que le gouvernement actuel est entré en fonction en 2012. Trois personnes ont été exécutées en 2014 et 129 se trouvent actuellement dans le quartier des condamnés à mort au Japon.

Les exécutions sont entourées de secret, les prisonniers n'étant le plus souvent informés de cette échéance que quelques heures auparavant ; il arrive également qu'ils ne soient pas prévenus du tout. En général, les familles ne sont averties qu'après l'exécution.

Les experts de l’ONU ont vivement critiqué l'absence de garanties juridiques adéquates pour les personnes sous le coup d'une sentence de mort au Japon, notamment l'impossibilité pour les accusés de bénéficier d'une assistance juridique adéquate et l'absence d'un processus d'appel automatique dans les affaires dans lesquelles l'accusé encourt la peine de mort. On sait également que plusieurs prisonniers présentant des handicaps mentaux ou intellectuels ont été exécutés ou se trouvent dans le quartier des condamnés à mort.

Plusieurs condamnés à mort ont déclaré avoir « avoué » leur crime après avoir subi des actes de torture ou des mauvais traitements au cours d’interrogatoires prolongés, en l’absence d’un avocat, pendant leur garde à vue. Dans certains cas, ces « aveux » ont été retenus à titre de preuve par les tribunaux et constituent la base de leur condamnation.

Amnistie internationale s'oppose dans tous les cas et sans aucune exception à la peine de mort, indépendamment de la nature et des circonstances du crime commis, de la culpabilité, de l'innocence ou d'autres caractéristiques du condamné, ou encore de la méthode utilisée par l'État pour procéder à l'exécution. La peine capitale bafoue le droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.

 
 
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L’exécution de deux hommes au Japon vendredi 29 août va à l’encontre des appels de plus en plus nombreux en faveur de l’abolition de la peine capitale dans ce pays, a déclaré Amnistie internationale.

Mitsuhiro Kobayashi, 56 ans, et Tsutomu Takamizawa, 59 ans, ont été pendus tôt le matin du 29 août. Mitsuhiro Kobayashi a été exécuté au centre de détention de Sendai et Tsutomu Takamizawa au centre de détention de Tokyo. Ils avaient tous deux été déclarés coupables de meurtre.

« Il est effrayant que les autorités japonaises continuent à envoyer des condamnés au gibet en dépit des graves questions soulevées par le recours à la peine de mort dans le pays », a déclaré Hiroka Shoji, spécialiste de l’Asie de l’Est à Amnistie internationale.

L’absence de garanties juridiques adéquates pour les personnes sous le coup d’une sentence de mort au Japon suscite de nombreuses critiques. Cela se manifeste notamment par l’impossibilité pour les accusés de bénéficier d’une assistance juridique adéquate dès leur arrestation, l’absence d’un processus d’appel automatique dans les affaires dans lesquelles l’accusé encourt la peine de mort, et de maintiens prolongés en détention à l’isolement.

Plusieurs prisonniers souffrant de troubles mentaux ont par ailleurs été exécutés ou se trouvent toujours dans le quartier des condamnés à mort.

« Ces homicides approuvés par l’État sont le châtiment le plus cruel et inhumain qui soit. Le gouvernement doit instaurer un moratoire sur les exécutions, à titre de première étape vers l’abolition », a déclaré Hiroka Shoji.

Ces dernières mises à mort portent à trois le nombre de personnes exécutées au Japon en 2014. Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe en décembre 2012, 11 personnes ont été exécutées par pendaison. En tout, 127 personnes se trouvent actuellement dans le quartier des condamnés à mort.

« Les droits humains sont mis sur la touche par le gouvernement du Premier ministre Abe. Les deux dernières années ont été marquées par une série de régressions, notamment par le refus d’agir face aux appels d’organes de l’ONU à lutter contre les violations des droits humains », a déclaré Hiroka Shoji.

De graves failles dans l’application de la peine de mort au Japon ont été mises en évidence en mars lorsqu’un tribunal a ordonné la libération provisoire d’Iwao Hakamada, qui a passé plus de quatre décennies dans le quartier des condamnés à mort à la suite d’un procès inique.

Le parquet a fait appel de la décision d’accorder à Iwao Hakamada un nouveau procès, alors même que le tribunal estimait que la police avait probablement fabriqué des preuves de toutes pièces.

Au Japon, les exécutions sont entourées de secret, les prisonniers n’étant le plus souvent informés de cette échéance que quelques heures auparavant ; il arrive également qu’ils ne soient pas prévenus du tout. En général, les familles ne sont averties qu’après l’exécution.

Amnistie internationale s’oppose dans tous les cas et sans aucune exception à la peine de mort, indépendamment de la nature et des circonstances du crime commis, de la culpabilité, de l’innocence ou d’autres caractéristiques du condamné, ou encore de la méthode utilisée par l’État pour procéder à l’exécution. La peine capitale bafoue le droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.

 
 
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L’attitude des autorités japonaises, déterminées à poursuivre les exécutions secrètes alors même que le recours à la peine de mort suscite dans le pays des préoccupations croissantes, ternit la réputation de la justice japonaise, a déclaré Amnistie internationale.

Masanori Kawasaki, 68 ans, a été pendu le jeudi 26 juin au petit matin, au centre de détention d’Osaka. Il avait été reconnu coupable en 2008 du meurtre de trois membres de sa famille.

Cette exécution est la première depuis qu’un tribunal a ordonné en mars la libération immédiate d’Iwao Hakamada, qui a passé plus de quatre décennies dans le quartier des condamnés à mort à la suite d’un procès inique. Le parquet a fait appel de la décision d’accorder à Iwao Hakamada un nouveau procès, alors même que le tribunal estimait que la police avait probablement fabriqué des preuves de toutes pièces.

« Il est désolant de voir le ministre de la Justice Sadakazu Tanigaki signer un nouvel arrêt de mort peu de temps après que certaines failles fondamentales de la justice pénale japonaise ont été mises en évidence » , a déclaré Roseann Rife, directrice des recherches sur l’Asie orientale chez Amnistie internationale.

Au lieu d’envoyer des gens sur la potence, les autorités doivent d’urgence réformer un système judiciaire qui pour l’instant ne mérite pas le nom de justice. »

Cette exécution- la première en 2014 - est la neuvième depuis que le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe est entré en fonctions, en décembre 2012. Au Japon, le ministre de la Justice doit autoriser les exécutions avant que l’on n’y procède. Il y a 128 condamnés à mort dans les prisons du pays.

« L’exécution qui vient d’avoir lieu va à l’encontre des voix qui s’élèvent au Japon pour que cesse le recours à la peine de mort et en faveur d’une plus grande ouverture. Le gouvernement doit prendre les devants et lancer un vaste débat public sur le recours à la peine capitale, ce qui constituerait la première étape sur la voie de l’abolition », a déclaré Roseann Rife.

En février, un groupe d’anciens juges non professionnels a exhorté le ministre de la Justice à cesser les exécutions jusqu’à ce qu’une transparence plus grande règne en matière de peine capitale.

Au Japon, les exécutions sont entourées de secret, les prisonniers n’étant le plus souvent informés de cette échéance que quelques heures auparavant ; il arrive également qu’ils ne soient pas prévenus du tout. En général, les familles ne sont averties qu’après l’exécution.

« Les prisonniers du quartier des condamnés à mort vivent dans la crainte permanente d’une exécution, se levant chaque matin sans savoir si leur dernier jour n’est pas arrivé. Une torture psychologique s’ajoute ainsi au caractère déjà cruel et inhumain de ce châtiment », a déclaré Roseann Rife.

Dans le groupe de pays du G8, le Japon et les États-Unis sont les seuls États à avoir encore recours à la peine capitale. En 2013, 22 pays seulement - environ un pays sur 10 à l’échelle mondiale - ont procédé à des exécutions

Amnistie internationale s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, indépendamment de la nature et des circonstances du crime commis, de la situation du condamné, de sa culpabilité ou de son innocence, ou encore de la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. La peine capitale bafoue le droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.

 
 
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Hakamada Iwao a passé 46 ans dans le couloir de la mort avant d’être libéré au mois de mars. Pour Wakabayashi Hideki, directeur d’Amnistie internationale Japon, ce fut un moment incroyable, mais le combat n’est pas encore terminé.

Wakabayashi Hideki se souvient précisément du moment où il a entendu l’annonce de la libération d’Hakamada Iwao.

« Je me trouvais à une conférence de presse, raconte-t-il. C’était le lancement du rapport 2013 d’Amnistie internationale sur la peine de mort, dans l’après-midi du 27 mars 2014. »

Il se trouvait au Parlement du Japon, au milieu d’une foule de journalistes. « Puis, une journaliste a levé la main et a posé une question », se souvient Hideki.

Ce faisant, elle a mentionné qu’Hakamada Iwao venait d’être remis en liberté.

Hideki a été pris au dépourvu : « J’étais surpris, cela dépassait tellement nos espérances que je n’arrivais pas à croire ce qu’elle disait. »

Plus tard, il a vu Hakamada Iwao au journal télévisé : « Il marchait, sans aide, et quittait le centre de détention. Je ne pouvais tout simplement pas en croire mes yeux. C’était comme un rêve. »

Hakamada Iwao a passé 46 années dans le couloir de la mort, avant qu’un tribunal japonais ne finisse par lui accorder un nouveau procès en raison des irrégularités qui avaient entaché son procès en première instance. Condamné à la peine capitale en 1968, il est probablement le plus ancien condamné à mort du monde.

Ce qui l’a poussé à agir

Hideki fait campagne en faveur d’Hakamada Iwao depuis 2011, lorsqu’il est devenu directeur d’Amnistie internationale Japon.

« Lorsque j’ai découvert la manière dont il avait été traité par la police, les procureurs et les tribunaux, j’étais choqué et en colère, explique-t-il. J’avais confiance dans ces représentants de l’État avant de commencer à travailler avec Amnistie internationale. Je me suis presque senti trahi lorsque j’ai réalisé ce qui s’était passé. Trahi, parce que les policiers et les procureurs sont censés rechercher la vérité au nom du peuple du Japon. »

C’est l’admiration qu’il vouait à la sœur d’Hakamada Iwao, Hideko, qui a amené Hideki à s’impliquer personnellement dans l’affaire.

« Hideko a une force si grande et si tranquille, raconte-t-il. Elle sait émouvoir les gens. Pourtant elle est aussi victime de cette situation. Cela lui a pris 10 ans pour commencer à obtenir un peu de soutien. Pendant 48 ans, elle n’a jamais cessé de soutenir son frère. Elle a été à ses côtés toute sa vie.

« Parce qu’Hideko apprécie le travail d’Amnistie internationale, je peux lui parler, bien qu’elle soit âgée et très occupée. Nous éprouvons un respect mutuel. »


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46 ans passés à l’isolement

En mai, Hideki a rencontré Hakamada Iwao pour la première fois, lorsque l’ancien boxeur, aujourd’hui âgé de 78 ans, s’est vu offrir une ceinture de boxe de champion du monde à titre honorifique.

« Avant la cérémonie, j’ai essayé de lui parler, mais il m’était impossible de communiquer avec lui, raconte Hideki. Il souffre de graves troubles psychologiques, dus à ces 46 ans passés à l’isolement, sous la menace d’une exécution. J’étais choqué de constater les répercussions physiques et mentales d’un tel traitement. »

Durant sa détention, Hakamada Iwao n’a pas été autorisé à sortir. Pour faire de l’exercice, il était confiné dans une petite zone, située dans l’enceinte du centre de détention. Hideki s’est rendu sur place.

« J’ai pu voir une cellule d’isolement et les salles d’exercice, dit-il. La «  pièce  » dédiée à l’exercice se trouvait sur le toit, elle mesurait 5 mètres de long par 2 mètres de large. Le prisonnier pouvait faire des aller-retour, surveillé par un gardien, comme un animal dans un zoo. »

Les conséquences de ces décennies passées à l’isolement furent telles que lorsqu’il a fini par rencontrer sa sœur Hideko, Hakamada Iwao ne l’a pas reconnue.

Six cartons de lettres

Parmi les affaires qu’Hakamada Iwao a ramenées chez lui, il y avait six cartons de lettres, dont un grand nombre lui avaient été adressées par des sympathisants d’Amnistie internationale. Parce qu’il se trouvait dans le couloir de la mort, Hakamada Iwao n’était pas autorisé à les recevoir.

Bouleversé par sa libération, il ne les a pas encore lues. Mais pour sa sœur Hideko, ces lettres sont une grande source d’encouragement.

Sans Hideko, aujourd’hui âgée de 80 ans, la campagne en faveur d’Hakamada Iwao n’aurait jamais été médiatisée. Sans Amnistie internationale, ajoute Hideko, son affaire n’aurait jamais été diffusée aux quatre coins du globe, et la décision de lui accorder le nouveau procès qui a débouché sur sa libération conditionnelle n’aurait pas été prise sans la contribution active des sympathisants d’Amnistie internationale.

Pour Hideki, qui a mené la campagne en faveur d’Hakamada Iwao au sein d’Amnistie internationale, les lettres sont très importantes.

« Cette forme de solidarité est vitale, explique-t-il, non seulement pour les victimes, mais aussi pour tous ceux qui les soutiennent. Des lettres du monde entier sont parvenues au centre de détention où il était incarcéré, montrant qu’il bénéficiait d’un appui mondial. »


La lutte n’est pas encore terminée cependant. Hakamada Iwao pourrait retourner en prison si son nouveau procès est un échec. La question se pose également de savoir si cette affaire incite la population à se positionner contre la peine de mort.

« Tout le monde affirme que les erreurs judiciaires sont terribles et que nous devrions tout faire pour les éviter, déclare Hideki. Pourtant, je n’ai pas constaté de regain d’intérêt pour le débat contre la peine de mort. Nous devons rebondir sur la dynamique créée par l’affaire Hakamada Iwao afin de débattre de la peine capitale, et de gagner l’opinion publique à la cause de l’abolition. »

Le combat d’Hakamada Iwao pour un procès équitable se poursuit.

Les noms sont écrits dans la tradition japonaise, le nom de famille apparaissant en premier.