Informations complémentaires sur l'AU 85/14, MDE 13/058/2014 – Iran 28 octobre 2014

Reyhaneh Jabbari, condamnée à mort au titre de la qisas (« réparation »), a été exécutée le 25 octobre dernier en Iran.

Reyhaneh Jabbari, 26 ans, a été exécutée tôt dans la matinée du 25 octobre 2014 à la prison de Rajai Shahr, à Karaj. Elle y avait été transférée tard la veille depuis la prison de Shahre Ray. Plus tôt dans la journée du 24 octobre, avant son transfert, la jeune femme avait été autorisée à recevoir une dernière visite de ses parents, grands-parents et frères et soeurs, qui a duré un peu plus d'une heure. Sa mère, Shohle Pakravan, a expliqué à Amnistie internationale que les autorités de la prison n'avaient pas voulu lui dire dans quelle prison sa fille serait conduite pour l'exécution. La famille avait prévu de manifester devant les quatre prisons de Téhéran avant d'apprendre que Reyhaneh Jabbari se trouvait à celle de Rajai Shahr. Les médias nationaux ont annoncé l'exécution le 25 octobre. Le même jour, Shohle Pakravan a publié sur Facebook un message dans lequel elle indiquait avoir récupéré le corps de sa fille à Beheshte Zahra, un cimetière de Téhéran, à 10 heures, et disait : « Je suis perdue dans un océan de douleur et d'agonie... j'ai perdu mon amour. »

Un sursis avait été accordé à Reyhaneh Jabbari au moins une fois en septembre, après son transfert vers la prison de Rajai Shahr, où elle était censée être exécutée le lendemain matin. Shohle Pakravan a appelé les autorités de cet établissement, qui lui ont confirmé les faits.

Reyhaneh Jabbari avait été appréhendée en 2007 pour le meurtre de Morteza Abdolali Sarbandi, ancien employé du ministère iranien du Renseignement. Immédiatement après son arrestation et en l'absence d'un avocat, la jeune femme avait avoué avoir poignardé cet homme. Elle avait expliqué l'avoir tué en voulant se défendre, affirmant que celui-ci avait essayé de l'agresser sexuellement. Après son arrestation, Reyhaneh Jabbari avait été détenue à l'isolement pendant deux mois à la prison d'Evin, à Téhéran, où elle n'avait pas eu de contact avec un avocat ou sa famille.

Elle avait été condamnée à mort au titre de la qisas (« réparation ») par un tribunal pénal de Téhéran en 2009.

Cette condamnation a été confirmée par la Cour suprême la même année. La famille de Reyhaneh Jabbari a appris en mars 2014 que la sentence allait être appliquée. Les sentences en vertu de laqisas ne peuvent faire l'objet d'une grâce ou d'une amnistie accordée par le Guide suprême.

Amnistie internationale estime que les liens de Morteza Abdolali Sarbandi avec le ministère du Renseignement pourraient avoir influencé l'enquête ordonnée par le tribunal.

Aucune action complémentaire n’est requise de la part du réseau Actions urgentes. Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels.

Ceci est la seconde mise à jour de l’AU 85/14. Pour plus d'informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/053/2014/fr.
 


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