Action complémentaire sur l’AU 06/14, 11 novembre 2014

Amnistie internationale craint vivement que le prisonnier condamné à mort Eduard Lykau (anciennement écrit Édouard Likaou) soit exécuté d’un moment à l’autre au Bélarus.

Le 26 novembre 2011, le tribunal régional de Minsk a déclaré Eduard Lykau coupable de cinq meurtres commis en 2002, 2004 et 2011, et l’a condamné à mort. Cet homme a été arrêté en septembre 2011 après le cinquième meurtre, perpétré dans le village de Jdanovitchi, près de Minsk. Les informations concernant sa sentence n’ont été rendues publiques que le 20 décembre 2011. Selon les autorités, Eduard Lykau était sans domicile et a déjà purgé plusieurs peines de prison pour vol, vandalisme et non-versement de pension alimentaire.

Après l’exécution d’Alyaksandr Haryunou début novembre, des militants bélarussiens ont confié à Amnesty International qu’ils pensaient qu’Eduard Lykau risquait davantage d’être exécuté, étant donné que dans ce pays, les peines de mort sont souvent appliquées rapidement et sans notification préalable.

Au moins trois personnes ont été mises à mort au Bélarus depuis le début de l’année, après deux ans sans aucune exécution. Rygor Yuzepchuk et Pavel Selyun auraient été exécutés en avril dernier.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en bélarussien, en russe ou dans votre propre langue :

- demandez aux autorités de commuer immédiatement la condamnation à mort d’Eduard Lykau en peine d’emprisonnement ;

- exhortez-les à instaurer immédiatement un moratoire officiel sur les exécutions, en vue d’abolir la peine de mort au Bélarus ;

- appelez-les à garantir que les informations d’actualité relatives au recours à ce châtiment soient rendues publiques, et que les familles et les avocats puissent librement avoir accès aux prisonniers et aux détails des affaires.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 23 DÉCEMBRE 2014 À :
Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus.

Président du Bélarus
Alyaksandr Lukashenka
Vul. Karla Marksa 38
22005, Minsk,
Bélarus
Télécopieur : +375 17 226 06 10 / +375 17 222 38 72
Courriel : contact@president.gov.by
Formule d’appel : Dear President, / Monsieur le Président,

Procureur général
Alyaksandr Kaniuk
Vul. Internatsianalnaya 22
22005, Minsk,
Bélarus
Télécopieur : +375 17 226 42 52 (dites « fax » si quelqu’un décroche »)
Courriel : info@prokuratura.gov.by
Formule d’appel : Dear Prosecutor General, / Monsieur le Procureur général,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Bélarus dans votre pays.


Ceci est la première mise à jour de l’AU 06/14. Pour plus d’informations :  http://www.amnesty.org/fr/library/info/EUR49/001/2014/fr.


COMPLÉMENT D’INFORMATION

Au moins trois personnes ont été mises à mort au Bélarus depuis le début de l’année, après deux ans sans aucune exécution. Le Bélarus est le dernier pays de toute la région Europe et Asie centrale à exécuter des prisonniers, au mépris de ses obligations juridiques en matière de droits humains et en contradiction avec la forte tendance régionale et mondiale en faveur de l’abolition. Amnistie internationale appelle une nouvelle fois cet État à instaurer un moratoire immédiat sur les exécutions et à commuer toutes les peines de mort prononcées comme première étape vers l’abolition de ce châtiment.

Au Bélarus, les exécutions ont lieu dans le plus grand secret, sans que les familles ou les avocats des condamnés en soient avertis. Les prisonniers eux-mêmes ne sont pas prévenus de l’imminence de leur exécution : on les fait sortir de leur cellule, on leur dit que le recours en grâce a été rejeté, puis on les fait mettre à genoux et on leur tire une balle dans la nuque. Les proches ne sont informés que plusieurs jours, voire plusieurs semaines, après. Le Code d’application des peines autorise les autorités à ne pas restituer aux familles les corps des personnes exécutées, et même à ne pas les informer du lieu d’inhumation. En octobre 2013, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme au Bélarus a déclaré : « La manière dont est appliquée la peine capitale [dans ce pays] constitue un traitement inhumain. »
 


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