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L’exécution collective de 12 personnes au Pakistan, mardi 17 mars 2015, met en lumière les conséquences de la décision du gouvernement de reprendre les exécutions pour tous les condamnés à mort, a déclaré Amnistie internationale.

Les 12 hommes ont été pendus dans plusieurs prisons du pays ce matin. Ils avaient notamment été déclarés coupables de « terrorisme » et de meurtre. Depuis qu’un moratoire sur les exécutions a été levé en décembre 2014, le Pakistan a mis à mort 39 personnes. Parmi elles figurait Muhammad Afzal, âgé de 16 ans lorsqu’il a été condamné à mort.

La semaine dernière, le gouvernement pakistanais a confirmé un changement de sa politique relative à la peine de mort, en annonçant que les exécutions allaient reprendre pour tous les crimes punis de la peine de mort, et pas uniquement pour les prisonniers reconnus coupables d’actes de « terrorisme ».

« Amnistie internationale est consternée d’apprendre que 12 personnes ont été exécutées au Pakistan ce matin. Le gouvernement a semble-t-il l’intention de tenir sa promesse d’envoyer tous les condamnés à mort, y compris les mineurs, à la potence, a déclaré David Griffiths, directeur adjoint du programme Asie-pacifique d’Amnistie internationale.

« À ce rythme, le Pakistan va rejoindre le rang des pays exécutant le plus grand nombre de personnes, club honteux qu’aucun pays n’aspire à intégrer. Il doit immédiatement rétablir le moratoire sur la peine de mort, en vue de son abolition.

« Le droit international interdit clairement le recours à la peine de mort pour les personnes âgées de moins de 18 ans au moment des faits. »

Shafqat Hussain, lui aussi reconnu coupable alors qu’il n’avait pas 18 ans, doit être exécuté le 19 mars. Amnesty International a mis en lumière de vives préoccupations quant à l’équité de son procès.

« Les pendaisons qui ont eu lieu aujourd’hui illustrent les conséquences de la décision du gouvernement de reprendre les exécutions pour tous les condamnés à mort. Des milliers de prisonniers se trouvent dans le quartier des condamnés à mort et la plupart ont épuisé leurs voies de recours : le nombre de personnes en danger est sidérant, a déclaré David Griffiths. 

« La peine de mort est toujours une violation des droits humains, mais les doutes qui pèsent sur l’équité des procès au sein du système judiciaire pakistanais rend son application dans ce pays encore plus choquante. »

 


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