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L’exécution en Arabie saoudite, mardi 14 avril 2015, d’une Indonésienne qui souffrait semble-t-il de troubles mentaux est le dernier épisode de la récente vague d’exécutions dans le pays, a déclaré Amnistie internationale.

Les médias officiels saoudiens ont relaté que Siti Zainab Binti Duhri Rupa avait été exécutée ce matin à Médine. Elle avait été condamnée à mort en 1999 après avoir « avoué » en garde à vue avoir tué une femme, qui l’aurait maltraitée depuis qu’elle l’avait embauchée comme domestique l’année précédente.

Les autorités ont attendu plus de 15 ans pour que le dernier enfant de la victime atteigne la majorité, afin de décider si la famille accordait le pardon à Siti Zainab ou réclamait son exécution au titre de qisas (réparation).

« Condamner à mort et exécuter une personne dont on présume qu’elle souffre d’une maladie mentale témoigne d’un manque fondamental d’humanité. Cette pratique est largement condamnée au niveau international et l’Arabie saoudite doit saisir cette occasion de revoir sa position sur la peine de mort », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnistie internationale.

Une résolution de l’ONU prie instamment les États de « ne pas prononcer la peine de mort dans le cas de personnes atteintes d’une quelconque forme de maladie mentale, ni d’exécuter un condamné atteint de maladie mentale ».

Selon des sources en Indonésie, en novembre 1999, Siti Zainab a reconnu avoir poignardé son employeuse à 18 reprises, en raison des « mauvais traitements » qu’elle lui infligeait. Avant son arrestation, elle avait adressé deux lettres dans lesquelles elle confiait que sa patronne et son fils avaient fait preuve de cruauté à son égard.

Siti Zainab aurait fait ces « aveux » au cours de son interrogatoire au poste de police et a par la suite été condamnée à mort.

À aucun stade de la procédure elle n’a bénéficié de l’assistance d’un avocat, et n’a pas pu entrer en contact avec un représentant consulaire durant son interrogatoire par la police lorsqu’elle a fait ses « aveux ». Selon certaines informations, la police soupçonnait qu’elle souffrait de troubles mentaux lors de son interrogatoire.

Le gouvernement indonésien a publié une déclaration protestant contre le fait que les autorités saoudiennes ne les ont pas informées de l’exécution de Siti Zainab, pas plus qu’elles n’en ont informé sa famille.

Dans le rapport d’Amnistie internationale sur la peine de mort dans le monde en 2014, publié au mois d’avril, l’Arabie saoudite se place une nouvelle fois parmi les cinq pays qui exécutent le plus grand nombre de prisonniers dans le monde. Depuis le début de l’année 2015, l’Arabie saoudite a exécuté au moins 60 personnes, la plupart par décapitation. Par comparaison, en 2014, elle avait exécuté 90 personnes.

« Quel que soit l’objectif erroné qui sous-tend la hausse alarmante des exécutions en Arabie saoudite en 2015, la communauté internationale doit la condamner. Les autorités du royaume doivent stopper cette folie meurtrière et instaurer un moratoire officiel sur le recours à la peine de mort », a déclaré Philip Luther.

 


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