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L’exécution de Yakub Memon constitue un nouvel exemple regrettable du recours à la peine de mort en Inde, a déclaré Amnistie internationale Inde jeudi 30 juillet.

Yakub Abdul Razak Memon a été exécuté par pendaison le 30 juillet au matin à la prison centrale de Nagpur. L’homme de 53 ans avait été condamné pour avoir joué un rôle dans une vague d’attentats à l’explosif qui a fait 257 victimes à Mumbai en mars 1993. En 2007, il avait été déclaré coupable et condamné à mort au titre de la Loi relative à la prévention des activités terroristes et déstabilisatrices (TADA) – un texte qui contenait des dispositions non conformes aux principes du droit international relatifs à l’équité des procès. Son recours en grâce auprès du président indien avait été rejeté en avril 2014.

Yakub Memon avait également formé un recours en grâce auprès du gouverneur du Maharashtra ainsi qu’un autre recours auprès du président, mais tous deux ont été rejetés mercredi 29 juillet. Tôt dans la matinée du 30 juillet, la Cour suprême a rejeté une demande qui visait à retarder son exécution de 14 jours.

« Ce matin, le gouvernement indien a tué un homme de sang froid pour montrer qu’il est mal de tuer », a déclaré Aakar Patel, directeur général d’Amnistie internationale Inde.

« Cette exécution ne rendra pas justice aux victimes des attentats de Mumbai de 1993. Il s’agit d’une tentative malavisée de lutte contre le terrorisme et d’un triste exemple d’utilisation de la justice pénale comme outil de représailles. »

Des groupes de militants avaient soulevé plusieurs questions concernant cette exécution, cherchant notamment à savoir si les tribunaux avaient tenu compte de toutes les circonstances pertinentes lors du jugement et de la longueur de la détention de Yakub Memon.

« Pour montrer leur détermination à lutter contre la criminalité, les autorités indiennes optent souvent pour la peine capitale. Elles choisissent ainsi d’ignorer des solutions plus difficiles à mettre en œuvre mais aussi plus efficaces, qui consisteraient par exemple à améliorer les méthodes d’enquête, les procédures judiciaires et l’accompagnement des familles des victimes », a déclaré Aakar Patel.

À plusieurs reprises, des tribunaux indiens ont reconnu que l’utilisation de la peine de mort en Inde était arbitraire et incohérente. Aucune preuve fiable n’indique que la menace de l’exécution ait un effet plus dissuasif qu’une peine d’emprisonnement. Cette affirmation est étayée par de multiples études menées par les Nations unies dans de nombreuses régions du monde.

L’exécution de Yakub Memon est la troisième à avoir lieu en Inde en moins de trois ans, après une interruption de huit années. L’Inde fait partie de la minorité de pays qui continuent à recourir à la peine capitale. Plus des deux tiers des pays du monde, soit 140 pays, ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique.

Amnistie internationale s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation de la personne condamnée, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. L’organisation est opposée à ce châtiment car c’est le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit et qu’il constitue une violation du droit à la vie garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme.

 


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