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Au cours des six premiers mois en 2015 nous avons été témoins de développements contrastant de manière marquée relatifs à la peine de mort. Pendant que les mauvaises nouvelles sont vraiment mauvaises, les bonnes nouvelles ont été très bonnes.


Le mauvais

1. Les exécutions ont repris en Indonésie. L'année a débuté sur une notre tragique alors que l'Indonésie, ignorant les appels de partout à travers le monde, a mis à mort six personnes accusées de trafic de drogue. Les exécutions étaient les premières en Indonésie depuis 2013.

2. Le Pakistan se retrouvera bientôt parmi les plus grands bourreaux au monde. Le Pakistan se rapproche de plus en plus de faire partie du groupe peu enviable des pays exécutant le plus (Chine, Iran, Arabie saoudite, Irak et États-Unis). Au moins 150 personnes ont été mises à mort depuis qu'un moratoire sur les exécutions a été levé en décembre 2014, suite à l'attaque des Talibans sur une école à Peshawar. 

3. L'Indonésie et le Pakistan se servent de la criminalité et du terrorisme comme excuses afin de ramener les exécutions. Autant l'Indonésie que le Pakistan ont justifié le retour de la peine de mort en affirmant qu'elle est une réponse efficace à la criminalité et au terrorisme. Cependant, il n'existe aucune preuve démontrant que la peine capitale est plus efficace pour lutter contre la criminalité qu'une peine de prison, pas plus que l'abolition mène à une hausse drastique du taux de criminalité comme certains le craignent.

4. L'Iran semble vouloir surpasser son total d'exécutions de 2014. L'Iran a exécuté près de 700 personnes depuis le début de l'année – plusieurs de ces exécutions n'ont pas été officiellement reconnues par les autorités. En 2014, Amnistie a enregistré au moins 743 exécutions en Iran tout au long de l'année. Le fait que le pays ait mis à mort plus de 600 personnes après seulement six mois cette année est fort perturbant. 

5. L'Arabie saoudite a déjà exécuté plus d'individus qu'elle ne l'avait fait en 2014. Amnistie a enregistré 102 exécutions en Arabie saoudite jusqu'à maintenant cette année, excédant le nombre total des exécutions (au moins 90) pour l'année 2014. Près de la moitié de ces exécutions étaient pour des crimes liés à la drogue. 


Le bon

1. Trois pays ont aboli la peine de mort lors des trois premiers mois de 2015. En janvier, Madagascar a aboli la peine de mort pour tous les crimes. Fidji a fait de même en février. Puis en mars, l'État sud-américain du Suriname a aussi retiré la peine capitale de l'ensemble de ses lois. L'abolition de la peine de mort dans trois pays en l'espace de trois mois apporte un momentum supplémentaire à une tendance évidente depuis des décennies – le monde est à reléguer au passé la peine capitale.

2. Trois autres pays sont près d'abolir la peine capitale. Le parlement mongol considère présentement un projet de loi pénal visant l'abolition de la peine de mort. Le Burkina Faso et la Corée du Sud sont également à considérer des projets de lois similaires.

3. La tendance vers l'abolition aux États-Unis a le vent dans les voiles. Un autre État américain, le Nebraska, a aboli la peine de mort, devenant ainsi le 19e État abolitionniste aux États-Unis. Par ailleurs, en février, le gouverneur de la Pennsylvanie a annoncé un moratoire de toutes les exécutions.

4. Les pays qui procèdent à des exécutions sont une minorité. Depuis les cing dernières années, la moyenne du nombre de pays ayant procédé à des exécutions annuellement est de 22.

5. Plus de la moitié des pays dans le monde ont aboli la peine de mort. Au total, 101 pays ont complètement aboli la peine capitale – ça représente plus de la moitié des pays dans le monde. 33 autres pays sont abolitionnistes en practique – ce qui signifie qu'ils n'ont pas exécuté personne depuis au moins 10 ans et qu'ils possèdent une politique en place depuis longtemps de ne pas procéder à des exécutions. Malgré la forte hause des exécutions dans certains pays, les pays abolitionnistes représentent toujours une nette majorité globalement.

 


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