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Le Pakistan doit immédiatement décréter un moratoire sur la peine de mort après l’exécution d’un homme qui, selon ses avocats, était mineur au moment des faits qui lui étaient reprochés. Cet homme avait en outre été contraint par la police de faire des « aveux » sous la torture, a déclaré Amnistie internationale.

Shafqat Hussain, qui avait été condamné à mort pour enlèvement et homicide involontaire en 2004, a été pendu mardi 4 août à la prison centrale de Karachi. Il avait été déclaré coupable aux termes de la Loi antiterroriste du Pakistan en dépit du fait qu’aucun lien n’avait été établi entre lui et une quelconque organisation terroriste. Entre la levée du moratoire sur les exécutions par les autorités pakistanaises en décembre 2014 et son exécution, il avait bénéficié d’un sursis à quatre reprises.

« C’est un jour sombre pour le Pakistan. Un homme dont l’âge reste contesté et dont la déclaration de culpabilité repose sur la torture a payé de sa vie un crime pour lequel la peine de mort ne peut, par ailleurs, pas être prononcée aux termes du droit international », a déclaré David Griffiths, directeur des recherches pour l’Asie du Sud à Amnistie internationale.

« Le gouvernement a fait preuve d’un mépris total non seulement pour la vie humaine, mais aussi pour les normes internationales et le droit international. Il a aussi ignoré les recommandations de la Commission des droits humains du Sind demandant à la Cour suprême d’étudier les éléments concernant l’âge réel de Shafqat Hussain et le fait que ses “aveux” auraient été arrachés sous la torture. »

Depuis que le Pakistan a levé le moratoire sur les exécutions en décembre 2014, Amnesty International a recensé au moins 200 exécutions.

« Il est trop tard pour sauver la vie de Shafqat Hussain, mais des milliers d’autres condamnés à mort risquent toujours d’être exécutés. Le gouvernement a déjà ôté la vie à 200 personnes au moins au cours des huit derniers mois. Cela doit cesser immédiatement. Les autorités doivent décréter un moratoire sur la peine de mort en vue de son abolition », a déclaré David Griffiths.

 


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