Kelly Gissendaner, une femme de 47 ans, doit être exécutée par l’État de Géorgie (États-Unis) mardi 29 septembre. En 1998, elle a été déclarée coupable du meurtre de son mari, Douglas, perpétré en 1997. Elle a reconnu sa responsabilité dans ce crime. Son coaccusé, qui a tué Douglas Gissendaner, purge quant à lui une peine de réclusion à perpétuité. 

Douglas Gissendaner a été assassiné le 7 février 1997. Kelly Gissendaner et Gregory Owen, avec lequel elle entretenait une liaison, ont été accusés de meurtre. Après avoir fait connaître son intention de requérir la peine de mort, le parquet a proposé aux deux accusés un accord de réduction de peine selon lequel s’ils plaidaient coupables ils seraient condamnés à la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle pendant 25 ans. Gregory Owen a saisi cette opportunité et a accepté de témoigner contre Kelly Gissendaner. Elle a quant à elle rejeté cette offre, apparemment parce qu’elle se considérait moins coupable que Gregory Owen et estimait qu’elle méritait une libération conditionnelle avant les 25 ans proposés. Lors du procès de Kelly Gissendaner, Gregory Owen a déclaré que c’était elle qui avait en premier évoqué l’idée du meurtre, et qu’elle lui avait donné des instructions sur la manière de procéder. La nuit du meurtre, Gregory Owen a forcé Douglas Gissendaner à conduire jusqu’à un endroit reculé, où il l’a poignardé avant de subtiliser certains articles afin de faire croire à un vol. Kelly Gissendaner a été déclarée coupable et condamnée à mort. 

Selon le mandat d’exécution, l’administration pénitentiaire doit procéder à sa mise à mort entre le 29 septembre et le 6 octobre 2015. Le directeur de l’administration pénitentiaire a programmé l’exécution pour le 29 septembre à 19 heures. Il s’agit de la troisième date d’exécution fixée pour Kelly Gissendaner cette année. Elle a bénéficié d’un sursis de quelques jours en février en raison de conditions météorologiques défavorables, puis l’exécution reprogrammée a été interrompue lorsqu’il s’est avéré qu’une des substances utilisées dans l’injection létale présentait un aspect trouble. 

Le Comité des grâces et des libérations conditionnelles de l’État de Géorgie a refusé de lui accorder une grâce en février 2015. Des éléments de preuve convaincants lui avaient été présentés, notamment par des agents carcéraux, concernant sa capacité de réinsertion et ses regrets, ainsi que son rôle positif en prison et sa bonne influence sur d’autres détenues. Kelly Gissendaner a déclaré : « Il est impossible pour moi de mettre des mots sur le chagrin et le remords écrasants que je ressens du fait de mon implication dans le meurtre de mon époux, Douglas Gissendaner [...] À cause de ce que j’ai fait, nos enfants ont perdu leur père adoré, la famille Gissendaner a perdu un fils, un frère et un oncle chéri, et notre communauté a perdu un citoyen de grande qualité [...]. Je changerais tout si je le pouvais. Rien n’excuse ce que j’ai fait. J’assume pleinement ma responsabilité dans le meurtre de mon mari. » Une vidéo d'une déclaration des enfants de Douglas et Kelly Gissendaner est disponible à l’adresse suivante : http://www.kellyonmymind.com/children/. 

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais ou dans votre propre langue : 
- demandez que l’exécution de Kelly Gissendaner soit immédiatement annulée, et que le gouverneur fasse tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la commutation de sa condamnation à mort ; 
- soulignez le fait que son co-accusé purge une peine de réclusion à perpétuité ; 
- attirez l’attention sur les éléments convaincants tendant à prouver la sincérité des remords de Kelly Gissendaner, sa capacité de réinsertion et son rôle positif en prison ; 
- évoquez les souffrances supplémentaires que l’État s’apprête à infliger aux enfants de Douglas et Kelly Gissendaner.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 29 SEPTEMBRE 2015 À : 

Gouverneur de Géorgie 
Nathan Deal
Office of the Governor
206 Washington Street
111 State Capitol 
Atlanta, Géorgie 30334
États-Unis 
Télécopieur : +1 404-657-7332 
Courriels (hors des États-Unis) : https://gov.georgia.gov/webform/contact-governor-international-form 
Formule d’appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur, 

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques des États-Unis dans votre pays.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.


COMPLÉMENT D’INFORMATION 

Le recours en grâce déposé par Kelly Gissendaner auprès du Comité des grâces et des libérations conditionnelles comprenait les déclarations de soutien d’un certain nombre d’agents pénitentiaires et d’autres personnes l’ayant rencontrée au fil des années qu’elle a passées dans le couloir de la mort. Par exemple, un enseignant ayant dispensé un cours de théologie validé par Kelly Gissendaner a déclaré à propos de la prisonnière : « Elle a plongé dans des souvenirs douloureux, reconnaît à présent sa responsabilité dans ceux-ci, et fait preuve d’un profond remords à propos de celle qu’elle a été et ce qu’elle a fait [...] L’ampleur de son évolution spirituelle en prison est visible et concrète. » Un agent pénitentiaire qui a connu Kelly Gissendaner pendant 12 ans a déclaré : « J’ai côtoyé de nombreuses détenues et je peux affirmer en toute sincérité que Kelly Gissendaner a été l’une des plus respectueuses. Bien que Kelly relève du niveau de sécurité le plus élevé, j’aimerais que toutes les détenues soient comme elle [...] Elle a aidé à rendre le secteur moins turbulent et plus supportable. » Un agent chargé du transport à la prison ayant « personnellement suivi Kelly Gissendaner pendant sept ans » a déclaré au Comité qu’elle était « l’exact opposé » d’une détenue violente, « le genre de détenue dont on a besoin dans nos institutions [...] Les agents appréciaient son influence apaisante sur certaines détenues difficiles ». Un autre agent s’est souvenu de son « influence positive sur des détenues souffrant de troubles mentaux [...] Mme Gissendaner a aidé à prévenir plusieurs suicides en alertant des gardiens à propos de détenues qui s’automutilaient ou étaient devenues agitées ou destructrices [...] De nombreux agents m’ont dit que Kelly leur était d’une aide immense avec certaines détenues très difficiles. » 

L’article 10 (3) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) dispose : « Le régime pénitentiaire comporte un traitement des condamnés dont le but essentiel est leur amendement et leur reclassement social. » Lorsque la Cour suprême des États-Unis a abrogé des lois existantes relatives à la peine de mort dans le cas Furman c. Géorgie en 1972, un des juges a écrit : « La peine de mort [...] est unique par sa nature totalement irrévocable. Elle est unique par son rejet de la réinsertion du détenu comme objectif essentiel de la justice pénale. Enfin, elle est unique par son renoncement absolu face à tout ce que recouvre notre conception de l’humanité ». Plus de 70 pays ont aboli la peine de mort pour tous les crimes depuis 1972 et, à ce jour, 140 pays ont aboli ce châtiment en droit ou en pratique. La reconnaissance de l'existence de la peine de mort dans le droit international relatif aux droits humains ne devrait pas être invoquée « pour retarder ou empêcher l’abolition de la peine capitale », selon les termes de l'article 6.6 du PIDCP. Le Comité des droits de l'homme des Nations Unies, l’organe établi par le PIDCP afin d’effectuer un suivi de son application, a déclaré que « l’abolition est évoquée dans [l'article 6] en des termes qui suggèrent sans ambiguïté que l’abolition est souhaitable [...] [T]outes les mesures prises pour abolir la peine de mort doivent être considérées comme un progrès vers la jouissance du droit à la vie ». Amnistie internationale s’oppose catégoriquement à la peine de mort, en toutes circonstances. 

Vingt personnes ont été exécutées aux États-Unis depuis le début de l’année 2015, dont deux en Géorgie. Cela porte à 1 414 le nombre de personnes auxquelles les autorités de ce pays ont ôté la vie depuis 1976, lorsque la Cour suprême des États-Unis a adopté des lois révisées qui permettaient la reprise des exécutions. La Géorgie a procédé à 57 de ces exécutions. Depuis 1976, 15 femmes ont été exécutées aux États-Unis, Kelly Gissendaner serait la première femme à être mise à mort en Géorgie depuis que Lena Baker a été exécutée par électrocution le 5 mars 1945.
 


Comments

09/24/2015 1:31pm

Monsieur le Gouverneur,

En tant que membre sympathisant d'Amnistie internationale, je vous demande respectueusement que l’exécution de Kelly Gissendaner soit immédiatement annulée, et que vous fassiez tout ce qui est en votre pouvoir pour obtenir la commutation de sa condamnation à mort.

Comme vous le savez, en 1998 elle a été déclarée coupable du meurtre de son mari, Douglas, perpétré en 1997. Elle a reconnu sa responsabilité dans ce crime. Son coaccusé, qui a tué Douglas Gissendaner, purge quant à lui une peine de réclusion à perpétuité.

Je tiens à attirer votre attention sur les éléments convaincants tendant à prouver la sincérité des remords de Kelly Gissendaner, sa capacité de réinsertion et son rôle positif en prison. Des éléments de preuve convaincants avaient été présentés en février au Comité des grâces et des libérations conditionnelles, notamment par des agents carcéraux, concernant sa capacité de réinsertion et ses regrets, ainsi que son rôle positif en prison et sa bonne influence sur d’autres détenues. Kelly Gissendaner a déclaré : « Il est impossible pour moi de mettre des mots sur le chagrin et le remords écrasants que je ressens du fait de mon implication dans le meurtre de mon époux, Douglas Gissendaner [...] À cause de ce que j’ai fait, nos enfants ont perdu leur père adoré, la famille Gissendaner a perdu un fils, un frère et un oncle chéri, et notre communauté a perdu un citoyen de grande qualité [...]. Je changerais tout si je le pouvais. Rien n’excuse ce que j’ai fait. J’assume pleinement ma responsabilité dans le meurtre de mon mari. »

Ainsi, je tiens à vous faire de mon inquiétude quant aux souffrances supplémentaires que l’État s’apprête à infliger aux enfants de Douglas et Kelly Gissendaner.

Pour toutes ces raisons, je vous demande urgemment et respectueusement de commuer la condamnation à mort de Mme Kelly Gissendaner.

Cordialement vôtre
Myriam ANDRIEU

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