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Il faut que les autorités pakistanaises empêchent l’exécution par pendaison – prévue pour le mardi 22 septembre – d’un homme paraplégique ayant contracté une méningite tuberculeuse alors qu’il se trouvait dans le quartier des condamnés à mort, et qu’elles instaurent immédiatement un moratoire sur toutes les exécutions, a déclaré Amnistie internationale lundi 21 septembre.

Abdul Basit, dont toute la partie inférieure du corps est paralysée à partir de la taille, a été déclaré coupable de meurtre il y a six ans. Cependant, il a toujours clamé son innocence.

Son exécution devait se dérouler initialement le 29 juillet mais la haute cour de Lahore lui a accordé un sursis au dernier moment ; ses avocats avaient formé un recours au motif que sa pendaison constituerait un châtiment cruel et inhumain. La cour a finalement rejeté le recours et donné le feu vert à la direction de la prison pour procéder à l’exécution le 22 septembre.

« Plutôt que de débattre des aspects logistiques relatifs à l’exécution d’un homme en fauteuil roulant, les autorités pakistanaises devraient accorder un sursis à Abdul Basit, a déclaré Sultana Noon, spécialiste du Pakistan à Amnistie internationale.

« Cette affaire attire de nouveau l’attention de nombreuses personnes sur le caractère cruel de l’impitoyable rouleau compresseur des exécutions au Pakistan. Au moins 240 personnes ont été mises à mort depuis décembre 2014, un nombre effroyablement élevé qui fait du Pakistan l’un des trois pays qui procèdent au plus d’exécutions dans le monde. Il faut que les autorités pakistanaises instaurent sans délai un moratoire sur les exécutions, en vue de l’abolition de la peine de mort. »

Abdul Basit est paralysé depuis 2010 à cause des conditions inhumaines dans lesquelles il était détenu à la prison centrale de Faisalabad. De plus, il n’a pas bénéficié des soins médicaux nécessaires après qu’on lui a diagnostiqué une méningite tuberculeuse, d’où ses graves lésions médullaires.


Complément d’information

En décembre 2014, le Pakistan a repris les exécutions après une interruption de six ans, en arguant qu’il s’agissait d’une mesure nécessaire pour lutter contre le terrorisme. Depuis lors, Amnistie internationale a comptabilisé 240 exécutions, dont beaucoup se sont déroulées au mépris des engagements du Pakistan au regard du droit international. Ce pays est l’un de ceux qui auront exécuté le plus de personnes en 2015. Environ 8 000 prisonniers attendent dans le quartier des condamnés à mort au Pakistan.

Amnistie internationale a appelé  à maintes reprises les autorités pakistanaises à suspendre sans délai les exécutions en vue d’abolir la peine de mort.

 


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